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Ethologie & Praxéologie n°13 (décembre 2009)

Ce numéro comporte 4 articles. Retrouvez ci-dessous le résumé de chacun d'eux.
  • Praxéologie motrice et « culture matérielle »

    Jean-Pierre Warnier Depuis les années 1999, le groupe de travail « Matière à penser » s’efforce de construire une anthropologie des objets matériels non seulement comme signes dans des systèmes de communication ou de connotation, mais pour leur valeur « praxique » dans l’action. Ce groupe a croisé la route de la praxéologie motrice. De cette rencontre est née une collaboration scientifique féconde.
  • De la traînée vers la portance dans la propulsion des mammifères marins et des nageurs

    Luc Collard Si les sciences de l’évolution nous apprennent que les mammifères, en reconquérant le milieu marin, ont délaissé les forces de traînée propulsive au profit des forces de portance propulsive, les règlements de la natation sportive vont en sens inverse qui incitent les nageurs à garder la surface. La règle d’interdiction des coulées au-delà des 15 m est apparue au moment où des nageurs dissidents commençaient à abuser des immersions parfois jusqu’aux 25 m. Il s’agit ici de révéler le profit chronométrique associé aux actions profondes en dauphin en comparant les prestations des nageurs de 1982 (période où les nageurs limitaient leurs coulées à 5 m, alors que rien n’interdisait de les prolonger) et 1996 (dernière période où les nageurs ont pu profiter d’immersions illimitées dans les épreuves de papillon) aux prestations de 2002-2006. L’analyse image par image de 20 courses de 50 m en dos et papillon lors des Championnats de 2006 en petit bassin permet, en outre, d’apprécier la supériorité des vitesses obtenues entre 30 et 40 m nagés pour plus des ¾ sous l’eau, par comparaison aux 10 m suivants nagés en surface (p<0.01). À l’instar des mammifères aquatiques, les nageurs – dans les quatre nages – tireraient avantage à maximiser les techniques sous-marines en dauphin.
  • Un champ du signe discordant : la sémiotricité

    Pierre Parlebas En tentant de traiter la communication dite « non verbale » comme un langage, les chercheurs se sont engagés dans une impasse. Les interactions gestuelles et corporelles des jeux sportifs n’obéissent pas aux mécanismes langagiers classiques, mais à des principes liés à l’accomplissement de l’action motrice en cours. On peut déceler deux systèmes sémioteurs composés de signes ludomoteurs respectivement très différents : les « gestèmes » proches de la gestualité de la vie quotidienne, et les « praxèmes » dont la forte originalité est d’être partie prenante de l’action en cours. Les praxèmes suscitent une métacommunication motrice génératrice d’anticipations, de feintes et de désinformations, qui fonde la subtilité et la richesse du jeu sportif. A titre d’exemples, sont présentés plusieurs codes gestémiques officiels (plongée sous-marine, basket-ball…) très éloignés de la double articulation des systèmes langagiers. L’étude de la communication motrice des jeux sportifs, ou sémiotricité, requiert la prise en compte de la logique interne de l’action motrice replongée dans son contexte d’accomplissement.
  • Les réseaux de construction en éthologie

    Jacques Goldberg Différentes significations du terme « réseau » sont d’abord présentées. Le concept de réseau peut s’appliquer à des entités biologiques très diverses comme le cerveau dans ses multiples connexions. Il s’observe dans des sociétés n’ayant entre elles aucun rapport phylogénétique comme les termites, les fourmis ou les rats-taupes. Les Sociétés d’Insectes donnent à première vue une impression de désordre apparent qui contraste avec l’efficacité finale des individus groupés en superorganisme. Les fourmis peuvent associer plusieurs colonies et constituer de véritables fédérations, établies sur des distances considérables et regroupant des millions d’individus. Chez les termites, également incoordonnés au début de la construction, des réseaux de galeries parfois très complexes sont établis. D’une façon étonnante, ce mode de comportement dit d’eusocialité – individus d’âge, de castes et de rôles différents, fertiles et non fertiles - se retrouve chez une espèce - une seule - de Mammifères, les rats-taupes. Le système de construction en réseau jouerait un rôle important dans l’eusocialité.
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Ethologie & Praxéologie n°18 (avril 2014)

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Mots-clés du numéro :
  • ACTION MOTRICE
  • SEMIOTRICITE
  • METACOMMUNICATION
  • GESTEME
  • PRAXEME
  • EUSOCIALITE
  • CONSTRUCTION
  • CASTES
  • DIVISION DU TRAVAIL
  • FOURMIS
  • TERMITES
  • RATS-TAUPES
  • CULTURE MATERIELLE
  • PRAXEOLOGIE
  • SIGNE
  • SUJET
  • OBJET
  • COGNITIVISME
  • PHENOMENOLOGIE
  • DAUPHIN (TECHNIQUE DU)
  • MAMMIFERE MARIN
  • NATATION
  • PORTANCE PROPULSIVE
  • TRAINEE PROPULSIVE